Très répandue, l'acné peut par son caractère
inesthétique engendrer une certaine anxiété. Mais à l'inverse quelles
sont les conséquences des idées noires sur notre peau ? Des
scientifiques américains estiment aujourd'hui que le stress aggrave la
sévérité de cette maladie.

"Mal
dans sa peau", "les nerfs à fleur de peau"… les expressions mêlant
psychisme et épiderme sont légion. Un peu comme si les linguistes
avaient déjà mis en lumière ces liens étranges que les scientifiques
découvrent petit à petit.
Le stress à fleur de peau

Du
fait de son caractère inesthétique, l'acné peut avoir des répercussions
psychologiques importantes. Intervenant à l'âge de la construction de
l'identité adulte, elle peut entraîner un stress important chez les
adolescents. Mais à l'inverse, le stress est-il capable d'influer sur
la sévérité de cette maladie de peau ? Quelques observations cliniques
le laissent penser, mais bien peu d'études avaient pu jusqu'alors en
faire la preuve.
Les examens auront-ils raison de votre peau ?
Les études sur les effets néfastes du stress se multiplient : sur le système immunitaire1, la sensation de douleur2, la cicatrisation3, le temps de convalescence après une opération4 et même l'accumulation de graisse5 ou le mal de dos. Concernant les problèmes de peau, les principales études concernent la dermatite atopique6 ou le psoriasis7.
Pourtant
médecins et patients s'accordent à reconnaître des liens entre le
psychisme et l'acné. Parmi 215 étudiants en médecine, 67 % estimaient
que le stress jouait un rôle dans l'exacerbation de l'acné8.
Et près de trois quarts des patients et de leurs proches (74 %) jugent
également l'anxiété comme un facteur aggravant de leur maladie9.
Pour en avoir le coeur net, des chercheurs américains ont étudié des
étudiants avec la ferme intention de démonter ce qu'ils pensaient
n'être qu'un mythe10.
Vingt-deux
étudiants ont ainsi été recrutés et 19 ont achevé l'étude (7 hommes et
12 femmes). Les chercheurs ont mesuré leur stress et la sévérité de
leur acné en dehors des périodes d'examens et pendant. Pour être
irréprochable, le trio de scientifiques a utilisé deux échelles
d'évaluation de la sévérité du stress et de l'acné parfaitement
validées. En ajustant leurs résultats en fonction d'autres paramètres
(durée et qualité du sommeil, nombre et qualité des repas, etc.), un
lien entre stress perçu et sévérité de l'acné a été mis en évidence.
Les étudiants les plus stressés étaient également ceux présentant des
aggravations plus marquées de leur maladie. Une relation avec la
diminution de la qualité des repas (souvent répandue en période de
révision) a également été notée.
Mieux traiter à l'approche d'un stress
Cette
étude ne rapportait pas les comportements des étudiants concernant leur
hygiène faciale, l'influence des cycles menstruels ou le fait de
gratter leurs boutons. Néanmoins, aucune étudiante n'a rapporté une
aggravation de son apparence calquée sur ce rythme.
Par
ailleurs, les enquêteurs étaient capables, selon les auteurs, de
différencier l'aggravation de la sévérité des acnés des simples
manipulations intempestives. Mais l'acné est-elle la conséquence ou la
cause du stress ? Pour les auteurs, la réponse ne fait aucun doute :
les étudiants sont peu soucieux de leur apparence durant les examens,
c'est donc le stress qui cause l'acné et non l'inverse.
De
tels résultats peuvent-ils avoir un intérêt pratique dans le traitement
de cette maladie ? Là encore, les auteurs répondent par l'affirmative
estimant que "des approches comportementales pourraient constituer des
options valables pour les patients, tout comme les approches
thérapeutiques pourraient être ajustées à l'approche de périodes
prévisibles de stress".
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